Qu'est-ce que l'anesthésie?

 

 

Toute chirurgie représente un grand bouleversement pour le corps humain. L’anesthésie joue un rôle clé dans tout le processus afin de permettre au corps de subir une chirurgie de manière sécuritaire et confortable.

 

Les trois types d'anesthésie

 

 

 

 

L’anesthésie pour assurer le confort et la récupération du patient

 

L’anesthésie a trois objectifs principaux :

  • Assurer l'inconscience partielle ou totale du patient et/ou altérer sa perception de la douleur

  • Assurer le fonctionnement adéquat des fonctions corporelles ainsi que le le bien-être des organes vitaux en lien avec la chirurgie ou les maladies sous-jacentes

  • Contrôler les réactions de défense de l'organisme qui découlent du geste chirurgical ou médical 

L'anesthésie est gérée par un médecin spécialiste, l’anesthésiologiste, accompagné d’un inhalothérapeute.

Étape incontournable de la chirurgie, l’anesthésie consiste à administrer des agents anesthésiques et analgésiques étudiés et dosés par l’anesthésiologiste selon la nature de l’opération et le profil du patient. Grâce aux avancées technologiques et pharmacologiques, l’anesthésiologie garantit un accompagnement optimal durant toute la durée de l’opération, jusqu’au réveil.

 

Prévenir les complications grâce au monitorage


Sous anesthésie générale, le patient est inconscient, immobile, et son corps ne réagit pas aux stimuli douloureux. Ses fonctions vitales, comme la ventilation, l’oxygénation, le rythme cardiaque et la pression artérielle, doivent donc être rigoureusement surveillées tout au long de la chirurgie. Pour avoir une vue d’ensemble de l’état du patient, des instruments précis complètent l’observation clinique de l’anesthésiologiste lors de chaque acte chirurgical.

Le monitorage permet de détecter et d’appréhender le plus tôt possible les éventuelles complications. Des mesures de correction peuvent ainsi être prises rapidement pour rétablir l’équilibre. Il permet de surveiller l’interférence des évènements découlant de la chirurgie sur l’organisme et les fonctions vitales cardiovasculaires et respiratoires du patient. Pour ce faire, l’anesthésiste se réfère à un électrocardiogramme en continu, un dispositif de mesure de la pression artérielle et un saturomètre. Ces moniteurs détectent les anomalies du rythme ou de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle ou de l’oxygénation pouvant être liées au geste chirurgical ou à une complication médicale. D’autres dispositifs de monitorage spécifiques peuvent être utilisés pour certaines chirurgies.

Le monitorage est une aide médicale précieuse. Les anomalies détectées doivent toutefois être interprétées et traitées selon les particularités du patient (âge, problèmes de santé préexistants, physiologie), de l’indication de chirurgie, du geste chirurgical en cours, et des limites potentielles de l’appareil utilisé. 

 

L’injection de médicaments pour assurer le confort et la sécurité du patient


Lorsque les précautions de surveillance initiales sont mises en place, l’anesthésiologiste administre le plus souvent les médicaments anesthésiques par voie intraveineuse. Le maintien de l’anesthésie se fait ensuite à l’aide de médicaments intraveineux ou de gaz halogénés.

Lorsque les gaz halogénés sont utilisés, le niveau de concentration du produit est analysé en continu pour éviter un sommeil trop léger ou trop profond.

 

 

Sur le plan cérébral, l’anesthésie générale se compare au sommeil. Elle se divise en trois périodes : 

  • L’induction, qui produit le sommeil anesthésique 

  • L’entretien, qui maintient le sommeil et assure l’analgésie

  • L’émergence (ou le réveil), soit la reprise de conscience

Le médicament injecté à l'induction fait effet en quelques secondes. Pour le maintien de l’anesthésie, et pour que le patient demeure inconscient, l’anesthésiologiste injecte des agents intraveineux en continu ou administre d’autres agents par les voies aériennes : les gaz halogénés.  Les produits analgésiques assurent aussi l’absence de réaction physiologique aux stimuli douloureux.

Une fois le patient sous anesthésie générale, pour faciliter le travail chirurgical, l’anesthésiologiste peut utiliser des médicaments, appelés des curares, qui entraînent la paralysie des muscles. Ceux-ci permettent le relâchement musculaire nécessaire à la chirurgie. Ces agents sont utilisés durant la mise en place d’un tube endotrachéal dans les voies aériennes, que l’on appelle communément l’intubation. L’intubation permet de vous faire respirer pendant que vous êtes sous anesthésie.

La dose des agents anesthésiques est déterminée par l’anesthésiologiste en fonction de différents facteurs chez le patient, notamment :

  • Sa taille et son poids

  • Son état de santé

  • La nature de la chirurgie.

Tout est mis en place pour assurer la sécurité et le confort du patient, tout en assurant un réveil et une récupération rapides.

Pour les patients anxieux ou déjà sous traitement, le recours aux anxiolytiques est possible tout juste avant l’induction de l’anesthésie. Ceux-ci peuvent rendre plus confortable la mise en place de monitorage invasif ou de techniques analgésiques complémentaires (péridurale, anesthésie loco-régionale).

La durée de l’anesthésie dépend de la chirurgie. Une fois l’incision chirurgicale refermée, l’anesthésiologiste réduit graduellement l’administration des agents anesthésiques et analgésiques. Il cesse leurs apports une fois le pansement effectué. Vient ensuite la phase de réveil lors de laquelle la reprise de conscience graduelle et le retour des efforts de respiration permettront l’extubation. Le patient ne se souvient généralement pas de cette phase.

Chaque chirurgie peut comporter certaines complications. Il arrive que ces symptômes se présentent après l’opération : 

  • Nausées ou vomissements au réveil. Ceux-ci peuvent être soulagés par des médicaments. 

  • Irritation à la gorge après l’intubation trachéale

  • Troubles de la vision ou vertiges en réponse à une diminution de la tension artérielle 

  • Frissons liés au refroidissement pendant l’anesthésie. Ceux-ci peuvent être soulagés par une couverture à air chaud ou par des médicaments. 

  • Démangeaisons, engourdissements ou allergies 

*Si ces inconforts persistent, consultez l’équipe soignante.

 

 

L’anesthésie loco-régionale a pour rôle d’engourdir la partie du corps incluant la zone à opérer. Le patient reste cependant éveillé ou sous sédation légère pendant toute la durée de l’acte chirurgical. Ce type d’anesthésie consiste à injecter à proximité d’une structure nerveuse (nerf, moelle épinière) un anesthésique local qui interrompt de façon transitoire le fonctionnement de cette structure. La zone innervée est alors insensibilisée. L’administration de l’anesthésique local provoque ainsi un court-circuit du côté de la transmission de la douleur. Le cerveau ignore donc temporairement cette partie du corps. L’anesthésie loco-régionale assure une analgésie complète qui se prolonge partiellement après l’intervention chirurgicale. Parfois, l'anesthésie loco-régionale est associée à l'anesthésie générale pour assurer une analgésie optimale durant et après la chirurgie.

La durée de l’anesthésie varie selon le type et la dose de l’anesthésique administré. Bien que le patient n’éprouve aucune douleur, l’anesthésie loco-régionale peut parfois entraîner l'impossibilité temporaire de bouger la zone ciblée. Cette faiblesse temporaire ainsi que l'insensibilité générée disparaitront progressivement dans les heures suivantes, laissant place à un inconfort au niveau de la zone chirurgicale. Celui-ci sera soulagé à l’aide d’analgésiques.

Le choix du type d’anesthésie est souvent à la discrétion du patient, mais doit prendre en compte le geste chirurgical ainsi que les considérations médicales. L’anesthésie loco-régionale est à privilégier dans certaines situations : votre anesthésiste discutera avec vous des possibilités selon votre état de santé.

Des risques spécifiques peuvent suivre l’anesthésie loco-régionale : 

  • Difficulté à uriner pouvant nécessiter la pose temporaire d’une sonde urinaire

  • Maux de tête pouvant nécessiter un repos de plusieurs jours ou un traitement spécifique 

  • Baisse passagère de l’audition ou trouble de la vision (très rares) 

  • Douleur au niveau de la ponction du dos 

  • Nausées, vomissements, démangeaisons, troubles passagers de la mémoire ou baisse des facultés de concentration. Ces symptômes varient selon les médicaments administrés et surviennent dans les heures suivant l’anesthésie.

*Si ces inconforts persistent, consultez l’équipe soignante.

 

 

L’anesthésie locale consiste à infiltrer les terminaisons des nerfs situées dans la zone à anesthésier. L’infiltration d’un anesthésique stoppe les influx douloureux à leur origine. La douleur ressentie est temporaire et minime, et les complications sont rares.

L’anesthésie locale peut s’effectuer, selon le cas :

  • Par injection à l’endroit où l’on opère ou avant l’introduction d’une plus grosse aiguille 

  • À l’aide d’une pommade spéciale appliquée environ une heure avant l’intervention 

  • Par pulvérisation sur une muqueuse

 

Qu’est-ce que la sédation? 

 

La sédation aide au bon déroulement de l’intervention chirurgicale. Elle consiste en l’administration intraveineuse de médicaments qui produisent une légère dépression du système nerveux central. Cette action provoque un effet de détente chez le patient, altère son niveau de conscience, atténue son anxiété et réduit potentiellement l'inconfort pendant l’intervention.

Après la chirurgie sous sédation, les patients ont souvent un souvenir partiel de ce qui s’est passé. Le médicament provoque une amnésie (perte de mémoire des évènements). La chirurgie peut sembler n’avoir duré que quelques minutes.

 

Dans quelles circonstances utilise-t-on la sédation?

 

On utilise la sédation intraveineuse pour les actes chirurgicaux de longue durée, ou qui provoquent de l’anxiété ou de l’inconfort chez le patient. Elle permet de gérer une anxiété modérée à sévère, situation pour laquelle la sédation par voie orale ne serait pas suffisamment efficace. La sédation est souvent utilisée en complément de l’anesthésie locale ou loco-régionale. L’intervention chirurgicale commencera quand l’anesthésie fera effet.